Les jeux vidéo pour ou contre !

Valérie Brousseau-Dubé,
diplômée au baccalauréat en sexologie
Coordonnatrice en prévention Famille/Enfance/Jeunesse

L’ordinateur (logiciels, cédéroms, Internet, tablettes, téléphones intelligents) offre des jeux spécialement conçus pour les enfants. On trouve aussi des consoles de jeux vidéo (Wii, Xbox, PlayStation, Game Boy, DS) qui, très tôt, captivent l’enfant. Ces jeux devraient-ils être bannis chez les tout-petits ou est-ce que nous devrions plutôt les sensibiliser à cette réalité virtuelle ?

Les jeux vidéo peuvent avoir des effets positifs sur les enfants en stimulant certaines capacités. Ils doivent toutefois être bien encadré, car certains enfants risquent d’en devenir dépendants.

Selon certains spécialistes, les parents devraient respecter la règle 3-6-9-12 du psychiatre Serge Tisseron concernant les écrans. Ce qu’elle signifie c’est :  pas d’écran avant l’âge de trois ans, pas de console de jeu avant l’âge de six ans, pas d’Internet accompagné avant l’âge de neuf ans et pas d’Internet seul avant l’âge de douze ans.

« Selon les Directives canadiennes en matière de comportement sédentaire pour la petite enfance, les enfants de 2 à 4 ans ne devraient pas dépasser 1 heure d’activité passive par jour et les 5 ans et plus, pas plus de 2 heures, tout type d’écran confondu. C’est-à-dire que l’on doit considérer ensemble les heures passées à regarder la télévision, à jouer à l’ordinateur, etc. Les enfants de moins de 2 ans ne devraient pas être exposés à la télévision ou à l’ordinateur. »

En jouant à l’ordinateur, l’enfant développe sa dextérité en utilisant une souris et en déplaçant le curseur sur l’écran. Les jeux vidéo, quant à eux, se jouent à l’aide de manettes que les enfants apprennent à contrôler. Elles nécessitent « une activité bilatérale, utilisant des actions différentes des deux mains qui mettent à profit la coordination […]  La majorité des jeux vidéo stimulent l’attention, la motivation, la concentration, la mémoire, la résolution de problèmes, la reconnaissance visuelle des personnages et des objets, la rapidité, un début de logique et une bonne coordination oeil-main. La patience de l’enfant est aussi mise à l’épreuve, puisque l’échec y est fréquent et que l’enfant doit souvent recommencer le même niveau. Par ailleurs, ces jeux peuvent aussi favoriser les échanges avec d’autres enfants qui partagent la même passion, discutant entre eux du plaisir de tel ou tel jeu, se donnant mutuellement des trucs pour traverser les obstacles. Certains jeux encourageraient les enfants à une certaine interactivité et susciteraient parfois l’envie de pratiquer des activités sportives. ».

Par contre, aucune norme universelle ne garantit la qualité de ces jeux. C’est pourquoi il est primordial que les parents essaient les jeux et s’informent du contenu avant de les acheter. En Amérique du Nord, un classement est disponible afin de déterminer si les jeux vidéos sont appropriés à l’âge de l’enfant. De plus, les jeux vidéo ne devraient pas se pratiquer au détriment des jeux sportifs et extérieurs. Il est prouvé que les jeunes qui passent plus de 2 heures par jour à des jeux de consoles jouent 30 minutes de moins dehors que les autres enfants. Ils sont donc plus à risque de surpoids et  d’obésité.

L’endroit où se déroule le jeu est aussi très important. En faisant en sorte que votre enfant joue à ses jeux vidéos dans une pièce commune où se trouve toute la famille, vous pourrez vous assurer du contenu de ses jeux (sans violence ni sexualité explicite), avec qui il joue s’il joue en ligne et durant combien de temps.

Il pourrait être tentant pour certains parents d’interdire ce type de jeu, mais lorsque leurs enfants sont chez des amis tôt ou tard ils y seront exposés. Ils seraient donc préférables pour les parents de connaître ces choses plutôt que de les éliminer.  Pour ce faire, il n’est pas nécessaire qu’ils deviennent les meilleurs joueurs, mais simplement de s’intéresser aux jeux vidéo de leurs enfants et d’en discuter avec eux. Le but est de ne pas créer d’interdit, mais de les tenir informés que ce n’est pas la réalité.

« À l’âge scolaire, certains enfants, particulièrement les garçons, peuvent développer une dépendance aux jeux vidéo, étant incapables de s’en passer. Quand ils jouent, ils n’entendent rien de ce qui se passe autour d’eux; ils sont coupés du monde réel. Pour ne pas en venir à cette situation, mieux vaut poser des règles d’utilisation précises dès que l’enfant commence à jouer à ce type de jeux. ». Sans pour autant interdire ce type de jeux à vous enfants, il faut tout de même y aller avec modération.

Naître et grandir. 2015. In 1 à 3 ans :

Apprentissages et jeux : Le pour et le contre des jeux vidéos.  En ligne :

http://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/jeux/fiche.aspx?doc=bg-naitre-grandir-jeux-video-ordinateur. Consulté le 18 août 2015.