L’enfant habile négociateur

Dès l’âge de 3 ans, l’enfant a généralement acquis suffisamment de vocabulaire afin de s’en servir pour devenir un redoutable négociateur.

La négociation n’est pas une mauvaise chose en soi, lorsqu’elle est utilisée pour les bonnes raisons et au bon moment. Elle permet à l’enfant de développer son estime de soi en s’affirmant et en faisant valoir ses idées. Il y a toutefois certaines situations ou sujets sur lesquels on ne devrait pas les laisser négocier, par exemple, tout ce qui touche leur sécurité.

Parfois en laissant place à l’argumentation de l’enfant, il arrive que nous tombions dans le piège de la discussion sans fin.

Quand un enfant négocie, il se place, d’une certaine façon, en situation d’égalité avec son parent. Malheureusement, ce n’est pas vraiment le cas.

Au besoin, clarifiez les règles en nommant ce qui est négociable de ce qui ne l’est pas. Établissez des priorités en mettant l’emphase sur les règles que vous considérez les plus importantes et pour lesquelles vous ne dérogerez pas. Par exemple, est-ce que ranger son manteau sur le crochet en arrivant est aussi important que d’arriver à l’heure pour le souper ?

Quand devrions-nous négocier avec notre enfant :

En général, une négociation devrait être possible si vous jugez que le besoin ou le point de vue de votre enfant peut avoir un impact sur votre décision. Vous devriez aussi prendre en considération le fait que votre enfant, en raison de son âge et de son niveau de développement physique et psychologique, est apte ou non de contribuer à la réflexion. Par exemple, vous pourriez décider qu’étant donné son âge et sa maturité, votre enfant est capable de décider lui-même du temps et du moment à accorder à ses devoirs et leçons. Une négociation pourrait donc avoir lieu afin que vous déterminiez ensemble les engagements de chacun (ex. : « Tu vas décider toi-même comment tu organises ton étude et tes devoirs au courant de la semaine. Je vais vérifier tous les soirs, ou 1 fois par semaine, si tes devoirs sont bien faits. ».

Quand la négociation ne devrait pas avoir sa place :

Toute règle devrait être non-négociable lorsqu’elle entre en conflit avec les valeurs de votre famille ou de la société ou qu’elle met en danger votre enfant. Par exemple, vous pourriez refuser que votre enfant puisse jouer seul au parc. Lorsque vous décrétez qu’une règle ne peut être contournée, il est important que vous expliquiez clairement à votre enfant les valeurs ou les raisons qui s’y rattachent. Une fois le tout bien exposé, ne revenez plus sur le sujet et tentez d’ignorer ses argumentations.

Sachez que tout n’est pas « coulé dans le béton » pour la vie. Une règle non-négociable pourrait éventuellement le devenir en fonction de l’évolution de votre enfant.